Mon Travail

Mon travail est un travail d'observation et de réflexion constante.

En utilisant le langage de l'art, et les formes de la nature comme prétexte, j'essaie de m'approcher du spectateur pour lui ouvrir un espace nouveau, comme une fenêtre ou une porte à travers laquelle l'observateur puisse partir dans un voyage de recherche interne, à la découverte de sa propre nature.

Mon oeuvre ne présente pas une histoire ou un paysage, je peins plutôt le vent du paysage ou les cris attrapés à jamais dans les parois d'une grotte; je tente d'offrir à celui qui regarde la possibilité de se ou de nous raconter sa propre histoire, je essaie d'ouvrir devant lui un paysage nouveau qui lui appartienne.

Un lieu de liberté.

J'aime parler de ma peinture comme d'une peinture gestuelle, chaotique et anarchique.

Pouvoir s'exprimer est une condition fondamentale pour le développement individuel et social; or, au coeur de l'expression le geste s'impose, pour moi, comme l'essence primordiale dans la transmission du message, des sentiments.

 

Le geste est à l'expression, ce que l'onomatopée est à la langue; simple, sans artifice, concret, claire et direct.

 

Je cherche à pratiquer une peinture délibérément non-intellectuelle au moment de la réalisation, une peinture émotionnelle.

Le travail d'artistes tels que Rembrandt, Goya, Jackson Pollock, De Kooning, Antonio Tapiés, Zao Wou-Ki, Pierre Soulages ou Miguel Barcelò, a eu une influence importante dans le développement de mon travail.

Tout comme l'art pariétal, ma première découverte de la puissance de transmission dans l'expression artistique.

Je construis mes oeuvres par superposition de couches successives des enduits résineux, de la peinture à la chaux, de la peinture a l'huile et de pigments purs, de la cire, des encres. J'applique de la matière autant que je la retire, la griffe, la casse, je la martéle, la déchire; jusqu'a l'obtention de ce que j'appelle "le fond minéral", comme les murs rocheux des grottes Chauvet ou Lascaux. C'est sur ce "fond", "obscur", rugeux que couche après couche de peinture, jetée, appliquée au pinceau, couteau, truelle, l'équilibre initial est retrouvé, transformé. L'ordre engendré du chaos. 

Ma peinture je la nomme anarchique parce que je ne cherche pas à diriger la pensée de celui qui regarde, je ne veux pas qu'il comprenne quoi que ce soit, je veux qu'il découvre, qu'il se découvre, je ne donne pas de leçon; c'est cette absence dans l'exercice de l'autorité, que la création de l'oeuvre me confère, qui me permet de rester libre et de laisser à l'observateur, livré à ses émotions, une liberté totale d'interprétation et de perception.

Je ne cherche pas à représenter mais à présenter la peinture elle-même, dans l'optique formaliste de l'art pour l'art.

La ligne et la couleur peuvent fonctionner comme des éléments complètements autonomes. Ce qui se passe sur la toile n'est plus une image mais un évènement.

L'idée étant de créer un espace où le spectateur puisse se déplacer sans être distrait par une reproduction du réel. Tous les points de vue sur le tableau sont possibles et s'équivalent.

En niant la figuration évidente, même si elle est présente dans mon oeuvre, la toile, lieu de tension et d'intensité devient la réalisation même du désir.

fegart@gmail.com      Tél : +33 7.67.94.92.55

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© 2018 par Fernando Garcia de la Torre